Deux jours après l’E3 Saxo Classic, la campagne des Classiques pavées se poursuivait donc sur Gand-Wevelgem ce dimanche, à travers un parcours de 250 kilomètres incluant particulièrement trois ascensions du terrible Kemmelberg, mais aussi quelques chemins non-asphaltés à soixante-dix bornes du terme. À ces difficultés initiales, il a aussi fallu ajouter les conditions atmosphériques dans cette 87ème édition, et les coureurs ont eu l’occasion de le constater après cent kilomètres, tandis qu’une échappée de neuf hommes ouvrait la route. « On se doutait qu’il y aurait une grosse course car le vent était tourné idéalement pour cela, commentait Frédéric Guesdon. Le départ a été rapide, puis on est arrivé dans cette fameuse zone à De Moeren, où le vent était de côté, et où on a donc assisté à des bordures ». Un premier peloton de trente unités s’est alors dégagé, et deux hommes de la Groupama-FDJ, à savoir Cyril Barthe et Clément Russo, parvenaient à accrocher le bon wagon. « Sur ce genre de course, il faut se battre pour être tout le temps placé et prendre la course du bon côté, expliquait le second cité. C’est ce que j’ai réussi à faire. C’était dur de rester groupé, mais je me suis dit que si je pouvais être devant, ça pouvait donner un point de repère pour les autres. J’ai couru devant tout du long, et ça m’a amené très loin ».

S’en est suivi une bataille de trente kilomètres entre les divers échelons de course, avant qu’un deuxième paquet plus étoffé ne parvienne finalement à opérer la jonction à 120 kilomètres du but. Quelques minutes plus tard, Johan Jacobs a profité d’un moment de temporisation pour anticiper la première ascension du Kemmelberg, mais le Suisse a finalement été rattrapé peu après par son état de santé. « Il a été contraint d’arrêter assez tôt car malade, tout comme Sven qui était souffrant aujourd’hui », expliquait Frédéric. Dans la première ascension du Kemmelberg, les favoris se sont découverts, à 85 kilomètres du but, mais la vraie différence ne s’est opérée qu’une d’une dizaine de bornes plus loin sur les « plugstreets ». Mads Pedersen s’est détaché, s’en est allé récupérer l’échappée, alors que le peloton se retrouvait légèrement désorganisé. Dans celui-ci figuraient encore Valentin Madouas, Clément Russo et Cyril Barthe. « Il y avait des groupes de partout après cette séquence, confiait Frédéric. On a aussi perdu Paul sur une crevaison dans les chemins alors qu’il était dans le gros du peloton et que tout était encore possible pour lui ». La course étant lancée, le jeune sprinteur francilien n’a jamais pu faire son retour. En tête, Mads Pedersen s’est construit un avantage d’une minute sur le peloton après la deuxième ascension du Kemmelberg. Un peloton au sein duquel Valentin Madouas a brièvement tenté de s’extirper avant le troisième passage, à une quarantaine de kilomètres de la ligne.  

Finalement, la « meute » s’est regroupée après cette ultime difficulté, mais l’homme de tête comptait alors deux minutes d’avance. C’est dès lors un bras de fer à distance qui s’est installé, et le Danois a tenu tête à un peloton d’environ cinquante unités comptant Valentin Madouas et Clément Russo. À Wevelgem, c’est donc pour le podium et le top 10 que le reste de la concurrence s’est présentée, et Clément Russo s’est glissé dans l’emballage pour accrocher la treizième place. « J’ai essayé de faire le sprint mais j’étais un peu lessivé, confiait l’intéressé. Je me suis débrouillé comme j’ai pu. Ce n’est pas extraordinaire mais ça fait quand même un petit résultat. Je retiens surtout que j’ai vraiment pris du plaisir aujourd’hui, et c’est de bon augure pour la suite. Sur les Classiques, il faut avoir de bonnes sensations pour prendre du plaisir, et c’était le cas aujourd’hui, donc je suis vraiment content ».« Il a fait une belle course et c’est un résultat honorable, confiait Frédéric. On espérait un peu mieux au départ, soit via une échappée avec Valentin soit via un sprint avec Paul. Finalement, seul Pedersen s’est échappé et notre sprinteur a été éliminé sur crevaison… Il nous reste deux belles Classiques en Belgique, mercredi et dimanche. Le groupe est en forme, il l’a montré. Il nous faut maintenant un peu plus de réussite pour aller chercher un beau résultat ».